#34 Delphine Minoui « Je réarbitre en permanence entre ma passion pour le reportage et mon rôle de mère »

Pour débuter la saison 4 de Vie au Carré, le podcast qui interroge sur l’équilibre vie pro et vie perso, nous avons échangé avec Delphine Minoui, 46 ans, mariée et mère d’une fille. Delphine est une grande reporter, spécialiste du Moyen Orient. Elle est correspondante pour le Figaro en Turquie et a écrit de nombreux ouvrages, notamment sur l’Iran. Pour évaluer son équilibre vie pro – vie perso, Delphine Minoui s’octroie une note de 7/10 : « Je rééquilibre en permanence pour que mon métier ne prenne pas toute la place dans ma vie. Je pense être parvenue à une vie équilibrée », estime-t-elle.

Changement radical à la naissance de sa fille

En mars 2012, Delphine Minoui accouche d’une petite fille. Pour cette journaliste qui adore le reportage de terrain et flirte souvent avec les zones de guerre, c’est un changement radical : « Avant, quand je partais, je ne prenais jamais de billet de retour pour être pleinement impliquée dans mon enquête. Je ne rentrais pas de chez moi pendant plusieurs mois, parfois. Aujourd’hui, quand je pars, j’ai toujours avec moi un aller et un retour », compare-t-elle.

Vivre à Istanbul

Delphine Minoui a vécu en Iran, en Irak, au Liban et en Egypte. Depuis 5 ans, elle vit à Istanbul, en Turquie. A chaque fois, elle a à cœur de ne pas se rapprocher des milieux d’expatriés pour être au plus près des gens. En apprenant notamment leur langue. Depuis son emménagement, Istanbul a été la scène d’attentats. Delphine Minoui s’est retrouvée au plus près de celui qui s’est déroulé dans l’avenue Istiklal à Istanbul : « mon instinct de journaliste aurait été d’aller au plus près du conflit mais j’étais avec ma fille, on s’est donc réfugiées à la l’Institut français », relate-t-elle.

Entre Inquiétudes et fiertés

Delphine Minoui l’assure, elle aime toujours autant son métier. Le revers de la médaille, c’est de voir moins ses proches : « j’ai passé autant de temps dans ma vie en France qu’à l’étranger. Je sais que mes parents se sont beaucoup inquiétés», se souvient-elle, à propos d’un reportage au cœur de l’Afghanistan. Tout comme ses proches, Delphine Minoui éprouve beaucoup de fierté à l’égard de sa profession : « j’ai conscience d’avoir franchi les obstacles. C’est un monde machiste, les reporters de guerre. Beaucoup de rédacteurs en chef sont des hommes, et ils ne nous font pas de cadeaux », assure-t-elle.

Mieux se connaitre

« Le stress du métier, des voyages, ont influé sur le corps. Il y a quelques années j’ai eu de gros souci de santé. Aujourd’hui, j’ai mis en place un rituel de trois séances de pilates par semaine. Si je suis en déplacement je les fais à distance via Zoom. C’est capital pour mon corps », affirme Delphine Minoui. Qui estime être parvenue à une vie plus équilibrée : « Je me connais plus, je fais attention à mon sommeil. J’ai appris à annuler un dîner ou à décaler un reportage si cela influe sur l’équilibre de ma fille, avance-t-elle, comme disent les Américains, we can’t have it all ! »

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